“Vidéo : un art contemporain” de Françoise Parfait, 2001, ed. Regard
”De nombreuses productions contemporaines continuent à prospecter du côté des médias et ses dérivés spectaculaires, depuis Rock My Religion (1982-1984), où Dan Graham passait en revue les systèmes aliénants et fascinants (c’est la même chose) qui fondent la culture rock, entre culture de masse et économie de marché… entre le star system et la fusion communautaire issue de la “religion” des Shakers. Cette fresque critique et empathique à la fois donne des images de la beauté angélique et des transes hystériques infernales dont l’adolescence est capable simultanément.”

“Rock & Folk” n°68, septembre 1972
”Les nouvelles rock-stars s’affirment toutes par la surenchère érotique, que ce soit Alice Cooper, David Bowie. Le rock devient théâtre, psychodrame : il n’est plus seulement musique. (…) La bisexualité domine, elle est le scandale, la démesure, la provocation mais elle est par là même l’élément pour construire le désir, l’extraordinaire, donc une mythologie, elle-même constituant indispensable pour le succès commercial. (…) Si le théâtre a toujours habité le rock, il vient maintenant y occuper la plus grande place : Alice Cooper met en scène chacun de ses albums et les rejoue comme une série de tableaux d’une tragi-comédie; David Bowie proclame sa bisexualité et par un jeu subtil de miroirs renvoie aux “mythes” de la scène rock’n'rollienne, Lou Reed, Dylan, Marc Bolan, etc… Iggy Pop revient à Londres avec les Stooges pour jouer avec son corps un ballet pervers; Lou Reed apparaît lors de la même série de concerts, habillé de noir, maquillé, fardé. (..) Le goût du travesti, vieille tradition anglo-saxonne dont la permanence était jusqu’à présent dans les cabarets, s’empare du rock.”

“Vidéo : un art contemporain” de Françoise Parfait, 2001, ed. Regard
”La perception que nous avons du monde dans lequel nous vivons est façonnée par les représentations qu’en donnent les médias – c’est un truisme –, l’art depuis longtemps anticipe et propose des alternatives à ces modèles normatifs que sont les images et leur commentaire, échangées dans les cultures de “l’information” et de la communication. (…) Dès le début, les artistes ont saisi cet outil pour lutter, le croyaient-ils, à armes égales avec elle, soit en en critiquant les codes de représentations et les enjeux idéologiques, soit en proposant des contre-modèles ou des alternatives à ces modèles, en utilisant le même langage pour pouvoir toucher le plus grand nombre. La société moderne doit en grande partie à son système d’échanges de biens, de personnes et d’information, le fait de se tenir entre les deux pôles du spectacle et de la surveillance. Le réel comme spectacle et la société que cela engendre seraient nés.”

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