In world’s intimity

by Mathieu Sourdeix

Spangled night sky, its secret geometry, its silently presence, the scintillating light of stars, invisible constellations’s lines, sky shadow’s, its atmospheric relief, the softness of its obscure depth, its single black. But when we let time to deploy their depth to the photographs of In Fine Ty 12 series’s, their polesemia, their plurivocity, they appear then also in their internal plurivocity like the visible cities lights at the night’s surface of Earth. To have succeeded in collecting, i.e. initially to have arrived at the aletheiologic move letting appear the starry sky of a black night in an other place is what melts the depth and the inexhaustible interest of In Fine Ty 12 series’s. In that these photographs come to be registered and prolong a movement which is the one of Jimmy Owenns’s work itself: to reveal the visible’s depth, to open the space of a work where the essential membership thickness appears with the world and the things, against the secular tendency consisting in renewing the thickness of the world and the flesh of the things to a chimerical interiority of subjectivity. Photographs of the In Fine Ty 12 series’s reveal multiple dimensions belonging to the presence of a place, give to see and think – to take again a way of merleau-pontian thought whose proximity with the work of Jimmy Owenns is definitely striking – the rays of world which transcend the places, the things and the elements – liquid, textile, mineral, plastic, body, space, luminous… –, show that a spangled night sky can appear, itself, on a ground strewn with objects. The beauty of his work emerges from this revealing the depth intimates the visible, which belongs to him. Its quasi-organics changes, its instability, its animation and its internal fruitfulness. The photographs make visible these veins of the world which pass as well by an starlight night sky as by the visible lights of the cities on the night face of Earth, following the example Arborescence, which already let see in the fragile rigidity of the wrist and the hand gently touching a pane the vegetable dimension of a small dry branch without sheets posed on the ground, and in the formed a deposit movement of the small vessels the liquid streaming of water or the one of the delta of a river.  Meeting here again the liquid element, photography n°4 of the series ends even up seeming small air bubbles going back up from a marine ground, in a clear water whose horizon remains in the black obscurity. And finally, this dimension of the place also appears in the near total of others photographs of In Fine Ty 12 series. The richness, the plurality of the levels of reading, vision, depth of Jimmy Owenns’s photographs don’t cease opening us to the inexhaustible depth of the Element which is Being. This Opening – which is also our – us leads in this Place where to (make) see and (to give) to think meet.

Dans l’intimité du monde

par Mathieu Sourdeix

Le ciel nocturne étoilé, sa géométrie secrète, sa présence silencieuse, la lumière scintillante des étoiles, les lignes invisibles des constellations, l'ombre du ciel, son relief atmosphérique, la douceur de sa profondeur obscure, son noir unique. Mais lorsqu’on laisse aux photographies de la série In Fine Ty 12 le temps de déployer leur profondeur, leur polysémie, leur plurivocité, elles apparaissent alors également dans leur plurivocité interne comme les lumières visibles des villes à la surface de la Terre la nuit. Avoir réussi à capter, c’est-à-dire d’abord être parvenu au geste alétheiologique laissant apparaître le ciel étoilé d’une nuit noire dans un autre lieu est ce qui fonde la profondeur et l’intérêt inépuisable de la série In Fine Ty 12. En cela ces photographies viennent s’inscrire et prolonger un mouvement qui est celui de l’œuvre même de Jimmy Owenns : dévoiler la profondeur du visible, ouvrir l’espace d’une œuvre où apparaisse l’essentielle appartenance de l’épaisseur au monde et aux choses, contre la tendance séculaire consistant à reconduire l’épaisseur du monde et la chair des choses à une chimérique intériorité de la subjectivité. Les photographies de la série In Fine Ty 12 révèlent les multiples dimensions appartenant à la présence d’un lieu, donnent à voir et à penser – pour reprendre un chemin de pensée merleau-pontien dont la proximité avec l’œuvre de Jimmy Owenns est décidément frappante – les rayons de monde qui transcendent les lieux, les choses et les éléments – liquide, textile, minéral, plastique, corporel, spatial, lumineux… –, montrent qu’un ciel nocturne étoilé peut apparaître, lui-même, sur un sol jonché d’objets. La beauté de son œuvre surgit de ce dévoilement de la profondeur intime du visible, qui lui appartient. Ses mutations quasi-organiques, son instabilité, son animation et sa fécondité internes. Les photographies rendent visible ces nervures du monde qui passent aussi bien par le ciel d’une nuit étoilée que par les lumières visibles des villes sur la face nocturne de la Terre, à l’instar de Arborescence, qui laissait déjà voir dans la rigidité fragile du poignet et de la main touchant doucement une vitre la dimension végétale d’une petite branche sèche sans feuilles posée sur le sol, et dans le mouvement sédimenté des petits vaisseaux le ruissellement liquide de l’eau ou celui du delta d’un fleuve. Rencontrant ici à nouveau l’élément liquide, la photographie n°4 de la série finit même par apparaître comme des petites bulles d'air remontant d'un sol marin, dans une eau claire dont l'horizon reste dans l'obscurité du noir. Et finalement, cette dimension du lieu apparaît aussi dans la quasi-totalité des autres photographies de la série In Fine Ty 12. La richesse, la pluralité des niveaux de lecture, de vision, de profondeur des photographies de Jimmy Owenns ne cessent de nous ouvrir à l’inépuisable profondeur de l’Élément qu’est l’Être. Cette Ouverture – qui est aussi la notre – nous conduit en ce Lieu où (faire)voir et (donner à)penser se rejoignent.