2003-02-14-filfax-doublon.jpg

Fil-Fax

Qui est Jimmy Owenns?

Le fonds régional d‘Art contemporain de Haute-Normandie propose jusqu'au 9 mars une exposition photographique intitulée "à mains nues". Signatures internationales et jeunes talents se côtoient autour du thème de la main, symbole de l'homme qui agit, s'exprime, vit. A découvrir, "les mains" de Jimmy Owenns, photographe, et son journal photographique sur internet...

Le parti pris du Frac est celui de mêler, à chaque exposition, artistes confirmés et jeunes talents. Ainsi le berlinois Dieter Appelt donne à voir son travail de mise en scène de la main pour représenter la mort. L'exposition accueille également deux doubles photographies de l'américain Mac Adams qui, passionné d'Hitchcock, joue entre une vue donnant l'indice, puis une seconde offrant l'intrigue. Parmi les jeunes talents, Jean-Baptiste Béranger travaille sur l'impalpable : photographier les ombres ou les fumées. Et, Jimmy Owenns, qui vit et travaille en Normandie, propose une série de neuf clichés. Un avant-goût de son univers poétique et intrigant, à découvrir en consultant son site internet.

Dans l'année de ses vingt ans, Jimmy Owenns a réalisé un projet d'envergure : du 12 avril 2001 au 12 avril 2002, elle a réalisé chaque jour une série de photos pour "illustrer ses pensées, émotions, sensations et visions propres à chaque instant". De ce "photographic diary project", il en ressort une collection de 60 000 photos noir et blanc (une moyenne de 165 par jour) réalisées à l'appareil numérique et réunies dans un CD-Rom dont son site internet, offre un aperçu. La consultation prend pour toile de fond un carnet ou s'entremêlent des photos, des messages, des notes et autres témoignages de l'instant, comme des cartes postales ou des tickets d'entrée de musée.

S'il est intime et particulièrement nourri, on aurait tort de croire que le journal photographique de Jimmy Owenns nous apprend tout de son personnage. Car ce dernier sait jouer de la suggestion, créant entre les indices et les mystères un sentiment poétique. Un portrait de Lacan, une mère psychanalyste, une définition de soi "artist without sexual identity" laissent simplement entrevoir un certain goût pour les voyages intérieurs. Et quand on lui demande ce que peuvent suggérer les "mains" que l'artiste expose au Frac, il répond: "schizophrénie".